lundi 2 mai 2016

La 'laïcité' en 1967 : Claude Nougaro chante « Je crois » - Chroniques du Yéti

" Maintenant tu comprends pourquoi je ricane très fort quand on nous soûle
avec une laïcité outragée qui serait aujourd’hui attaquée de toute
part. Ma mosquée reçoit tout au plus trois cents personnes le vendredi
quand les musulmans sont censés être une vingtaine de milliers. Ma
synagogue n’accueille qu’une quinzaine de fidèles. Mes derniers curés
soignent leurs rhumatismes en compagnie de leurs dernières ouailles
retraitées. Même mes cathos tradis pur sucre — une quarantaine dans mon
église à messe chantée en latin — vivent à la colle avant de se
marier, divorcent à tout va et font des familles recomposées quand ils
ne se retrouvent pas seuls comme des cons après avoir cocufié leur
légitime."

La 'laïcité' en 1967 : Claude Nougaro chante « Je crois » - Chroniques du Yéti

2 commentaires:

  1. Il fut un temps où le passage au rite, à l'épicerie du culte était obligatoire. Soit on allait à la messe (ou rite équivalent selon les couleurs de l'équipe) soit on était un vil mécréant. Mais cette dictature de l'église s'est émoussée et les gens ont appris ou réappris à entretenir une relation plus personnelle avec ce vers quoi ils se tournent. Que ce soit au travers de leur religion héritée, d'une autre qui leur convient mieux et qu'ils choisissent ou en dehors de tout culte établi. Un peu moins de religion, un peu plus de foi ?

    Ce qui est intéressant, c'est que cette "laïcité de la foi" n'entrave en rien la bonne marche d'un pays et même ne lui doit rien. C'est un phénomène individuel qui ne s'encombre ni de lois ni d'interdits, simplement une mutation du dialogue fidèle/dieu vers une version "sans intermédiaire". Et chose amusante, les textes des différentes religions encouragent à cette pratique et considérent que la prière la plus sincère est celle qui est spontanée et personnelle, et non celle du rite.

    On agite ces derniers temps la laïcité comme si elle était un enjeu de libertés personnelles. Mais au fond elle ne l'est pas, elle n'a même rien à voir. Le seul enjeu réel est le contrôle des individus par les organismes, qu'ils soient d'état ou d'église. Et moins l'amalgame foi-religion peut être utilisé plus il est agité comme un épouvantail, présenté comme s'il pouvait être une atteinte aux libertés individuelles alors qu'il en est en fait un frein majeur, que ce soit de la part de l'état ou des ministères du culte.

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  2. J'aurais plutôt choisi n'importe quel paragraphe où je brosse le climat ambiant en 1967. Comme par exemple celui-ci :

    Devant les églises tu trouves des affiches avec la liste des films déconseillés. Les curés tonnent qu’écouter les chansons égrillardes de Pierre Perret conduit aux flammes de l’enfer. Une jeune voisine subit un viol et, en représailles, sa famille l’exile dans une ville lointaine où elle se consumera entre honte, dépression et solitude avant de se donner la mort. Les publications destinées à la jeunesse sont étroitement surveillées et la censure tombe très souvent y compris sur des trucs aussi anodins que les super-héros américains comme Spiderman. Même les athées échappent mal à l’emprise religieuse catholique : dans ma ville de lycéen ils font par provocation un banquet le jour… du vendredi saint.

    Je n'ai pas développé, mais j'aurais pu, au sujet de la fille qui s'est pendue. Le gosse que j'étais a été marqué par le fait que tous les adultes la regardait alors comme coupable de son viol. Quelques années plus tard je me souviens d'une conversation entre deux adolescentes dont l'une habitait le même village. Et ce qui m'avait frappé était que ces deux filles reproduisait encore le schéma de pensée de leurs parents. En bref : Elle était coupable de son viol mais la punition était quand même trop sévère.

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